La France s’apprête à autoriser la conduite de véhicules autonomes de niveau 3 dès septembre 2022. Qu’est-ce qu’une voiture autonome ? Quels sont les différents niveaux de voitures autonomes ? Comment fonctionne une voiture autonome ? Où pourra-t-on rouler avec un véhicule autonome en France ? Quelles sont les conditions ? Que se passe-t-il en cas de contravention ? Qu’en est-il au niveau de la législation ?

Qu’est-ce qu’une voiture autonome ?

Par définition, une voiture autonome est un véhicule capable de circuler sans intervention du conducteur. Néanmoins, dans les faits, il existe 5 niveaux selon le degré d’autonomie du véhicule.

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Le niveau 1

Il s’agit ici de ce qu’on appelle communément les aides à la conduite automobile :

  • Régulateur de vitesse,
  • Avertissement de franchissement de la voie,
  • L’aide au stationnement.

Autrement dit, les véhicules autonomes de niveau 1 circulent déjà en France depuis de nombreuses années.

Voiture autonome de niveau 2

Dans ce cas de figure, on parle d’autonomie partielle. La voiture autonome de niveau 2 peut se mouvoir de façon longitudinale et transversale de manière autonome. Le véhicule gère de façon autonome la direction, l’accélération et le freinage.

Toutefois, le conducteur doit garder les mains sur le volant de sa voiture. C’est également lui qui gère la signalisation, le trafic, les dangers et le changement de voie.

On retrouve ce niveau d’autonomie dans différents modèles et sous différentes formes :

  • Le système Super Cruise de Cadillac ;
  • L’aide au bouchon d’Audi ;
  • L’assistance PropPILOT de Nissan ;
  • Le pilote semi-automatique de Volvo.

Voiture autonome de niveau 3

Souvent qualifié d’autonomie conditionnelle, ce niveau de voiture autonome permet au conducteur de véritablement déléguer la conduite sans avoir à maintenir les mains sur le volant. Toutefois, cette autonomie fonctionne dans des conditions particulières et n’est dès lors pas utilisable sur toutes les voies.

Les véhicules autonomes de niveau 3 ne sont pas encore autorisés en France. Cependant, à partir de septembre 2022, certaines voitures seront autorisées sur les routes françaises. Encore peu de modèles proposent ce niveau d’autonomie. C’est le cas de Tesla avec l’Autopilot et le système FSD (Full Self Driving).

Avec son A8, Audi avait également prévu de proposer un niveau 3 d’autonomie. Cependant, le projet a été abandonné.

Voiture autonome de niveau 4

Il s’agit d’une autonomie élevée ne nécessitant pas l’intervention du conducteur ni sa vigilance. Théoriquement, le conducteur peut dormir pendant que son véhicule gère la conduite de façon autonome. Néanmoins, ce niveau 4 d’autonomie fonctionne dans des zones spécifiques.

Actuellement, il n’existe aucune voiture autonome de niveau 4 disponible à la vente auprès du grand public. Toutefois, on peut évoquer le projet Waymo de Google qui conçoit un véhicule autonome de niveau 4 aux États-Unis.

Voiture autonome de niveau 5

Le but ultime de la voiture autonome, c’est-à-dire un véhicule sans chauffeur proposant une autonomie complète. Hypothétiquement, ces voitures autonomes seront capables de circuler sans aucune intervention humaine, sur toutes les voies, et dans toutes les conditions possibles.

Comment fonctionne une voiture autonome ?

Le véhicule autonome s’appuie sur un concentré de technologies. Théoriquement, la voiture dispose d’une intelligence artificielle suffisamment développée lui permettant de gérer de façon autonome les différents aspects de la circulation automobile et du Code de la route.

Elle est équipée de radars et de capteurs qui lui permettent de s’orienter sur la voie, de détecter les autres véhicules et les obstacles, de lire les panneaux de circulation. La voiture autonome analyse la situation instantanément afin de réagir immédiatement à son environnement.

Dès lors, elle peut accélérer, ralentir, freiner, dépasser, changer de direction sans que le conducteur intervienne.

Les points forts de la conduite automobile autonome sont pluriels. Pour le conducteur, le véhicule autonome garantit un trajet moins fatigant, moins stressant et plus sécurisé. Plus globalement, à terme, c’est tout le transport auto qui sera plus sécurisé, puisque la conduite autonome va supprimer le risque « d’erreur humaine ».

De plus, le véhicule autonome sera accessible à tout le monde et notamment aux personnes âgées et aux personnes en situation de handicap n’étant actuellement pas en capacité de conduire une voiture.

La circulation sera également plus fluide et plus économe en énergie et en temps.

Voiture autonome : où en est la France ?

Le véhicule autonome pose de nombreuses questions en matière de sécurité et de responsabilité. Dès lors, il est normal que son développement prenne du temps.

Le 1er juillet 2021, un décret a été publié, officialisant un « cadre réglementaire complet pour la circulation des véhicules autonomes ». Ce décret prévoit l’autorisation des voitures autonomes de niveau 3 en France à partir du mois de septembre de 2022.

Une autorisation sur des voies prédéfinies

Si vous prévoyez déjà de circuler en véhicule autonome sur les routes françaises, sachez que seules quelques zones prédéfinies seront accessibles au niveau 3 d’autonomie. Pour le moment, 2000 kilomètres de voies ouvertes sont prévus pour être accessibles aux véhicules autonomes de niveau 3. Ces zones sont situées à Bordeaux, en Île-de-France, à Strasbourg et en Isère.

Autrement dit, sur ces parcours prédéfinis, le conducteur pourra entièrement déléguer la conduite à son véhicule autonome. Potentiellement, pendant ces parcours autonomes, le conducteur n’aura pas besoin de conserver les mains sur le volant. Il pourra par exemple utiliser son téléphone ou lire un livre.

Code de la route et véhicule autonome

Actuellement, le Code de la route n’est pas adapté à la voiture autonome. En effet, dans le Code de la route, la responsabilité revient intégralement au conducteur du véhicule. Dès lors, qu’en sera-t-il pour un véhicule autonome de niveau 3 circulant sur dans une zone prédéfinie ? Que prévoit la législation dans ce cas de figure ?

Dans un premier temps, l’accès aux véhicules autonomes de niveau 3 sera réservé à des conditions très spécifiques et plus particulièrement à la circulation dans les embouteillages.

À terme, selon une convention signée par plusieurs pays européens dont la France, la voiture autonome devrait pouvoir circuler en respectant les conditions suivantes :

  • Circulation sur une voie sans piéton ni cycliste ;
  • Voie avec séparateur central ;
  • Voie limitée à 60km/h maximum.

Selon cette convention qui prendra effet en France à partir du mois de septembre, en cas d’accident, la responsabilité du conducteur n’est pas engagée dès lors que le système de conduite autonome est activé dans une zone autorisée respectant les 3 conditions évoquées ci-dessus. L’application du décret permet donc de modifier le Code de la route pour l’adapter au véhicule autonome.